fonctionnement de ma boîte d'allumettes sténopé

 

 

Le sténopé ( ou pinhole ) est une caméra photographique dont on a remplacé l'objectif ( ou les lentilles ) par un trou minuscule. Le sténopé produit une image grâce au phénomène de la diffraction, par opposition à la lentille traditionnelle qui produit une image grâce à la réfraction (souvenez-vous de vos cours de physique pour ceux qui ne les ont pas foxé...).

Un heureux hazard fait que la largeur de la pellicule 35mm est parfaitement adaptée à la dimension de la boîte d'allumettes. L'épaisseur de celle-ci (distance focale) en fait un appareil photo grand-angle. La boîte intérieure contenant les allumettes, dans lequel un large trou est percé afin de dégager le minuscule trou sténopé de la boîte extérieure, me sert de presses-film permettant de bien écraserr la pellicule 35mm dans le fond de la boîte.

 

 

 

 

Afin d'obtenir un sténopé de précision, la paroi extérieure de la boîte d'allumettes est percée d'un petit trou dans lequel est collé une mince plaque de cuivre ( du shim à bearing ) dans lequel le minuscule trou sténopé est percé précisément au diamètre optimal.

 

Ce diamètre optimal du trou est en fonction de la grandeur de la boîte.. Plus la boîte est grande plus le trou est grand, plus la boîte est petite, plus le trou est petit. Car en fonction de la dimension de la boîte, un trou trop grand donnes une image flou, et un trou trop petit créé également un flou à cause de la diffraction qui devient trop importante.

 

Pour mes boîtes d'allumettes, après avoir trouvé le diamètre du trou optimal, je perçais ceux-ci au microscope à l'aide d'une règle transparente microscopique graduée au dixième de millimètre. L'ouverture ainsi obtenu ( F-Stop ) est de F98.5 ( comparativement aux petites ouvertures habituelles: F16, F22, ect... ).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour préparer l'appareil sténopé boîte d'allumettes à la prise de vue, la pellicule 35mm noir/blanc est inscérée dans celle-ci en chambre noire dans le noir total. L'intérieur la boîte est peint en noir afin d'éviter les réflections parasites de lumière et d'augmenter ainsi le contraste de l'image. La boîte est rendu étanche à la lumière avec du tape électrique noir , et le trou bouché avec son obturateur, un bout de tape électrique. La boîte ainsi étanchéifiée est prête à l'utilisation.

 

 

 

 

 

Vu le trou minuscule de la boîte d'allumettes sténopé ( F98.5 ), la prise de vue se fait en temps long d'exposition, des secondes, des minutes, et des heures parfois ( contrairement à l'appareil standard qui fonctionnes habituellement en fraction de secondes ). La boîte d'allumettes doit donc être stabilisée en la déposant quelque part ( meuble, tablette, sol, etc... ) ou sur un trépied afin d'obtenir une image précise. En ce qui me concernes, j'utilisais régulièrement la boîte d'allumettes sténopé sur un trépied avec un adapteur que j'avais fabriqué.

 

 

 

 

 

 

Et pour aider au cadrage, à la visée, j'avais fabriqué également un viseur, qui s'insérait aussi dans cet adapteur à trépied. Ce viseur me permettait de voir le centre de l'image et les limites extérieures du cadrage, la croix de fil noir simulant la position du trou sténopé. Donc, dans un premier temps, je visais avec le viseur.

 

 

 

Une fois le cadrage déterminé, je remplaçais le viseur par la boîte d'allumettes, un peu comme avec un appareil photo chambre noire 4x5 dans lequel on vises d'abord avec le verre dépoli avant d'installer le dos film pour la prise de vue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour que ce sois plus pratique, j'amenais les appareils sténopés dans des boîtes de transport contenant une douzaine de boîte d'allumettes ainsi qu'un viseur. J'avais donc une autonomie de 12 poses par boîte de transport.

 

 

 

 

 

En conclusion, les particularités principales de l'appareil photographique sténopé:

- une profondeur de champs infini ( l'avant-plan et l'arrière-plan ont pratiquement la même netteté )

- précision similaire à un objectif photo avec un filtre diffuseur ( quand le trou sténopé est du diamètre optimum )

- temps long d'exposition ( vu la toute petite ouverture du trou sténopé - impossible d'arrêter le mouvement, celui-ci étant amplifié ou exagéré )

 

Suite à la prise de vue, chacune des pellicules des boîtes d'allumettes était développée manuellement dans des bassins d'acide dans le noir complet. S'en suivait le tirage de l'image noir/blanc dans un agrandisseur sur du papier fibre photographique.

J'intervenais par la suite sur le tirage noir/blanc avec une coloration manuelle à l'aide d'encres solubles, un peu à la façon aquarelle. Le tirage noir/blanc devait alors être tremper dans de l'eau préalablement pour être travailler humide avec ces encres.